Surveillance phytosanitaire

La Nouvelle-Calédonie bénéficie d’une situation phytosanitaire très favorable du fait de son isolement. Cependant le développement important des échanges avec la région et le reste du monde accroît considérablement les risques d’introduction d’organismes nuisibles à l’agriculture ou à l’environnement. Au delà des mesures de contrôle à l’importation, destinées à prévenir l’entrée de nouveaux fléaux, la surveillance des productions végétales vise à détecter suffisamment tôt tout nouveau problème. Ainsi des mesures d’éradication peuvent être prises efficacement pour préserver le statut phytosanitaire.

A titre d’exemple, on peut citer les mouches des fruits. Ces insectes dont les larves attaquent les fruits sont très nuisibles à l’agriculture. Ils peuvent être très facilement transportés et constituent un des problèmes les plus graves auxquels sont confrontés les services de quarantaine et de protection des végétaux du monde entier.

L'Australie a ainsi dépensé plusieurs dizaines de millions de dollars pour éradiquer la mouche de la papaye (Bactrocera papayae) dans le Nord de l'état du Queensland.

La Polynésie Française tente déradiquer la mouche orientale (Bactrocera dorsalis) découverte en 1996.

En Nouvelle-Calédonie, il existe 13 espèces de mouches des fruits, dont 4 sont d’importance économique. Il y a 3 espèces locales (Bactrocera curvipennis, B.psidii et B.umbrosa) et une espèce introduite en 1969 la mouche du Queensland (Bactrocera tryoni). Elle constitue maintenant la principale espèce nuisible, et entraîne des contraintes et coûts importants à l’exportation. L’introduction d’une espèce comme Bactrocera cucurbitae (mouche des cucurbitacées) stopperait immédiatement les exportations de squash vers le Japon.

Pour détecter toute introduction d’une nouvelle mouche des fruits et justifier le statut actuel auprès des pays importateurs de fruits et légumes calédoniens, un réseau de surveillance a été mis en place. Il consiste en un ensemble de pièges répartis dans les zones à risque comme les régions urbaines, touristiques ou de production fruitière. Chaque piège contient un attractif sexuel (phéromone) et un insecticide placés dans un arbre hôte. Trois attractifs différents sont employés pour attirer diverses mouches des fruits.

Le réseau comprend une soixantaine de sites, dont une trentaine dans le Grand Nouméa sont suivis par les agents du SIVAP ; le reste étant suivi par l’IAC, avec des sites sur les côtes Ouest et Est, ainsi qu’aux Iles. Les pièges sont régulièrement relevés (tous les quinze jours) pour l’identification des mouches présentes. Ils sont également entretenus (changement des produits et supports) pour maintenir leur efficacité.

L’existence de ce réseau permet la détection précoce d’une nouvelle espèce et la possibilité d’intervenir rapidement pour l’éradiquer.

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